L’identité gravée dans le ciel

Là où la nature dote l’oiseau d’un plumage pour signer son espèce, l’humain naît nu. Pour affirmer leur identité, les Amérindiens ont choisi d’emprunter au ciel son plus beau symbole : la plume, véritable écriture sociale et culturelle.

Chez les Kayapó, cet art se transmet de génération en génération. Dès sa naissance, le garçon reçoit en héritage des Nêkréx avec une combinaison unique de plumes qui composeront ses coiffes. Ces parures, aux nuances et formes infinies, révèlent sa filiation et le distinguent au sein du groupe.

Le Roriro-ri, chef-d’œuvre de l’invisible

Symbole de cette virtuosité, le roriro-ri est une coiffe-bonnet traditionnelle du XXe siècle. Sur une délicate structure de fibres végétales tressées reposent des plumes de hocco et de aras rouge, bleu et hyacinthe. Une œuvre d’art totale, portée lors des rituels mereremex : ce moment sacré et suspendu où, littéralement,  » l’homme déploient leur beauté ».

La coiffe Roriro-ri . Chez les Kayapó, elle se transmet de génération en génération dès la naissance d'un garçon comme héritage.
Roriro-ri coiffe en plume

 » Je suis touchée par cette tradition car dès sa naissance, chaque nouveau-né reçoit une identité porteuse de sens, comme un remerciement adressé à la nature. Je perçois le choix des plumes et de leurs couleurs comme un symbole du lien étroit qui unit l’enfant à son environnement. C’est un hommage à la beauté de la nature, mais aussi une manière de transmettre, dès les premiers instants de la vie, le respect et la gratitude envers le monde qui nous entoure. «  – Amandine BONNEAU